Lundi 21 avril 2008
Chapitre bonus - Première partie (Avertissement : il vaut mieux avoir lu l'opuscule avant...)
Il flotte sur les débats entourant l’homoparentalité comme un fumet de peurs archaïques. Ces peurs qui rôdent autour de la procréation et commandent les relations entre les hommes et les femmes, nourrissent les mythes et la littérature des sociétés les plus anciennes aux plus contemporaines.
Trois films récents ont mis ces peurs en scène.
Dans Une vieille maîtresse de Catherine Breillat un libertin épouse une jeune femme noble. Mais, telle une succube, sa favorite revient le tourmenter. Il succombe. L’enfant qui nait de leur liaison meurt. Tandis que de colère et de dépit, l’épouse qui découvre la passion de son mari avorte de l’enfant qu’elle porte.
Dans Gabrielle de Patrick Chéreau, Gabrielle, épouse de Jean, un grand bourgeois au sommet de sa carrière est « la plus belle pièce » de sa collection d’art - c’est ainsi que Jean qualifie sa femme. Jusqu’à ce que celle-ci le quitte brutalement pour un amant. Elle revient sans revenir. Le couple se déchire. Elle se refuse à lui, il la viole. Elle refuse de pardonner. Le film s’achève sur un plan terrible où l’ombre de ce que fut Jean fuit vers la forêt : brisé, l’homme n’est plus que la silhouette d’un animal.
Volver de Pedro Almodovar met en scène les secrets du monde des femmes. Le film s’ouvre sur des villageoises au cimetière, affairées à nettoyer les tombes en chantant, sous les vêtements multicolores qui sèchent au soleil. Le seul homme du film est l’amant. Il viole sa belle fille. Celle-ci le tue. La mère et ses amies font disparaître le corps tandis que les grands mères règlent de vieux comptes.
Chacun dans leur style, ces trois films révèlent le pouvoir que les hommes prêtent aux femmes : celui de faire et de défaire les hommes. Les femmes décident de donner ou non une descendance à l’homme (Une vieille maîtresse). Les femmes peuvent « déciviliser » l’homme le plus civilisé (Gabrielle). Les femmes décident de leur donner ou non une sépulture (Volver). Compte tenu de cette puissance à la fois réelle et fantasmée, on comprend mieux pourquoi les hommes pour exister ont ressenti le besoin de dompter ces forces obscures qui procèdent d’abord de ce pouvoir qu’ont les femmes de donner la vie.
Une anecdocte, deux traditions et une histoire, en apparence très éloignées les unes des autres en témoignent.
(à suivre)
Derniers Commentaires